La preuve par trois à Genève

Le projet Pont-Rouge dans le quartier genevois de Lancy est le banc d’essai où ­Implenia teste le chantier du futur. De nombreuses approches inédites visant à améliorer l’efficacité dans la construction y reçoivent leur baptême du feu. Présentation d’un chantier qui se situe certes à l’extrémité de la Suisse, mais aussi au centre de la philosophie de l’entreprise.

«Nous sommes ici sous le feu des projecteurs», dit Laurent Jarlégant. Au-dessous de lui s’étend le vaste chantier Pont-Rouge, où les spécialistes des travaux spéciaux d’Implenia sont en train d’achever les derniers travaux de soutènement de l’excavation. D’immenses tubes d’acier bloquent les parois de la fouille afin d’éviter leur effondrement. Au niveau le plus bas, une pelle sur chenilles grignote le sous-sol argileux de la ville de Genève. Mais aucune lumière artificielle n’illumine le chantier dans le quartier de Lancy. Jarlégant, le chef de projet du lot B1, a utilisé l’image des projecteurs au sens symbolique. Car en tant que projet pilote, Pont-Rouge est placé sous une surveillance étroite, et ce pour au moins trois raisons. Premièrement, le bâtiment en construction est le premier en Suisse appelé à respecter le standard de durabilité DGNB. Deuxièmement, ­Implenia teste ici un plan logistique d’avant-garde. Et, troisièmement, le chantier sert de banc d’essai pour le nouveau concept de protection de l’environnement de l’entreprise.

Pont-Rouge

Le centre urbain «Pont-Rouge» est en train de sortir de terre de part et d’autre d’une nouvelle gare située dans la commune genevoise de Lancy. Ce projet de construction, l’un des plus grands de la région, comprendra dans sa phase finale cinq bâtiments à usage mixte qui accueilleront des bureaux, des espaces tertiaires, des restaurants, des cafés, des commerces, des espaces de loisirs, des équipements publics et une structure hôtelière.

CFF Immobilier SA a chargé ­Implenia de réaliser en tant qu’entreprise totale la première étape de la construction (lot B1). Les travaux, qui ont débuté le 1er septembre 2015, devraient s’achever à l’automne 2018. Ce projet présente un défi spécifique: sa certification comme ouvrage durable conforme au standard DGNB. Pont-Rouge bénéficie de la pré-certification dans la catégorie «Or».

«Nous considérons la certification DGNB comme l’opportunité de devenir encore plus performants. Nous portons ainsi notre métier à un niveau plus élevé et créons une nouvelle qualité de construction.»

Laurent Jarlégant, chef du projet Pont-Rouge chez ­Implenia

Toutefois, dans cette phase précoce de la construction, il faut avoir l’œil exercé pour décrypter ces hautes ambitions. Par exemple, en constatant que les camions à bascule qui évacuent les déblais amenés par les pelles mécaniques n’ont pas plus de deux cents mètres à parcourir. En effet, la fouille jouxte une voie ferrée où un chargeur sur pneus hisse les déblais dans des wagons. «Ce mode de transport écologique des matériaux d’excavation évite à la ville quelque 20 000 trajets de camion et réduit massivement l’empreinte carbone du projet», explique Benoît Klein, responsable chez ­Implenia du développement durable en Suisse romande. Au bord du site, on découvre deux installations d’épuration d’eau et – un peu plus loin – plusieurs bassins destinés à la collecte sélective des déchets. Ces dispositifs d’élimination s’inscrivent dans le nouveau concept de protection de l’environnement d’Implenia, testé sur le chantier Pont-Rouge. «Les mesures que nous mettons en œuvre ici ne sont pas révolutionnaires», admet Klein, «mais nous tenons à travailler de façon exemplaire». Si le concept s’avère efficace, ces spécifications s’appliqueront à tous les chantiers futurs d’Implenia.

DGNB

Le système de certification DGNB a été créé en 2008 par la Deutsche Gesellschaft für­ Nachhaltiges Bauen (association allemande pour la construction durable). Ce standard de ­durabilité exigeant comprend six catégories ­basées sur 41 critères. Reposant sur des ­facteurs écologiques, économiques et socio-culturels, l’évaluation tient également compte de la qualité des processus et de ­l’emplacement ainsi que de l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment, donc aussi de son ­exploitation et de sa déconstruction.

Le système DGNB a comme particularité d’imposer un contrôle a posteriori afin de vérifier que les valeurs prévues sont bien respectées dans la pratique – par exemple en matière de consommation d’énergie ou de confort inté­rieur. En fonction du degré de respect des critères, le bâtiment reçoit le certificat Bronze, Argent, Or ou Platine. Plus de 1000 certificats ont été attribués à l’échelle mondiale dans le cadre du système DGNB.

«Les attentes du maître d’ouvrage rejoignent ici les valeurs de base d’Implenia. Le chantier ­Pont-Rouge booste la mise en œuvre de notre vision de la construction durable dans la vie quotidienne.»

Benoît Klein, chef de projet durabilité chez ­Implenia en Suisse romande

Néanmoins, la manière dont ­Implenia centralise les flux logistiques sur le chantier constitue une petite révolution. Car, d’habitude, toutes les entreprises de construction impliquées acheminent elles-mêmes leur matériel sur le lieu de travail. «C’est alors le bazar sur le chantier, surtout pendant la phase finale», raconte Laurent Jarlégant. «Ici, à Genève, nous avons constitué une équipe qui s’occupe exclusivement du transport et de la gestion du matériel ainsi que de son évacuation.» Les fournisseurs livrent le matériel à l’entrée du chantier. L’équipe veille ensuite à le faire acheminer au bon endroit (cf. illustration).

La logistique centralisée permet d’assurer le contrôle des marchandises livrées. C’est un des critères essentiels de la certification DGNB. En effet, ­Implenia doit garantir que seuls des matériaux prévus et autorisés entrent dans la construction. Les produits contenant des solvants et les biocides sont par exemple exclus. Ainsi, le standard DGNB se répercute aussi sur l’organisation du chantier. Celle-ci implique par ailleurs que tous les matériaux utilisés soient clairement documentés. Or, malgré une documentation détaillée du projet, l’ambition est de réduire le plus possible le volume de papier. Une plate-forme numérique regroupant l’ensemble des documents constitue donc une autre innovation garante d’efficacité sur le chantier Pont-Rouge.

«Grâce à toutes les approches inédites testées ici à Genève, nous allons construire de manière extrêmement efficace», Benoît Klein en est convaincu. Ce chantier s’inscrit parfaitement dans la philosophie «One Company» et l’approche «Lean Production» de l’entreprise. «Le savoir-faire acquis dans le cadre du chantier Pont-Rouge», prédit Klein, «pourra bénéficier à d’autres projets et fera progresser le secteur de la construction dans son ensemble.»

«One Company» décolle

Le projet Pont-Rouge à Genève est également l’exemple-type de la mise en application de l’approche «One Company». En vue de sa réalisation, ­Implenia a constitué une équipe de projet comprenant des représentants des différentes unités opérationnelles concernées. Ceux-ci sont rejoints par des juristes ainsi que par des spécialistes de l’environnement et de la gestion allégée. Cette démarche permet de réunir les savoir-faire nécessaires à la mise en œuvre efficace d’un projet complexe.

Reportages

«Pour pouvoir répondre aux attentes, il faut d’abord les connaître»

Implenia s’engage en faveur du déve­loppement durable depuis sept ans. Il était donc temps de réaliser un état des lieux. En organisant un dialogue avec les parties prenantes, l’entreprise a recherché un point de vue externe et défini les points forts de son ­engagement futur.

Lire le reportage

«On n’est pas là pour s’amuser»

La formation de jeunes professionnels fait partie de la responsabilité sociale d’un employeur. Mais l’engagement en faveur de la relève sert également à atteindre les objectifs de l’entreprise. Un chantier un peu spécial à Winterthur illustre les réalisations d’Implenia dans ce domaine.

Lire le reportage