La preuve par trois à Genève

Le projet Pont-Rouge dans le quartier genevois de Lancy est le banc d’essai où ­Implenia teste le chantier du futur. De nombreuses approches inédites visant à améliorer l’efficacité dans la construction y reçoivent leur baptême du feu. Présentation d’un chantier qui se situe certes à l’extrémité de la Suisse, mais aussi au centre de la philosophie de l’entreprise.

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Gestion respectueuse de l’environnement

Implenia s’est fixé des objectifs environnementaux ambitieux. L’entreprise a notamment l’intention d’améliorer son efficacité énergétique de manière à réduire ses émissions de gaz à effet de serre ainsi que sa consommation de ressources. ­Implenia surveille systématiquement sa performance environnementale au moyen d’un monitorage sur mesure.

Ce que nous avons réalisé en 2014 / 2015

Nos objectifs d’ici à 2017

  • Nous réduisons de 5%, en termes de chiffre d’affaires, les émissions de CO2 d’Implenia Suisse.
  • Nous enregistrons les émissions de COau niveau international et prenons des mesures opérationnelles en vue de leur réduction.
  • Nous utilisons de l’élec­tricité hydraulique et ­compensons la part non renouvelable et les émissions liées aux voyages en avion.
  • Nous instaurons un concept environnemental standardisé sur les chantiers.

4.1Gestion de l’environnement certifiée

Implenia pratique une gestion de l’environnement certifiée selon la norme ISO 14001. La responsabilité en incombe aux sept chargés HSEQ (Health, Safety, Environment, Quality) des Divisions opérationnelles ainsi qu’à leurs chargés de sécurité, placés sous la direction technique du département Développement durable. Les points forts d’une gestion respectueuse de l’environnement sont la protection de l’environnement sur les chantiers, l’amélioration de l’efficacité énergétique et l’optimisation de la consommation de ressources. S’y ajoutent des exigences macroécologiques et la promotion du recyclage sur les chantiers et dans les ateliers.

Afin de surveiller la réalisation de ses objectifs environnementaux, ­Implenia a mis en place un système de collecte des données spécialement adapté à ses activités. À l’aide d’un jeu d’indicateurs conçus sur mesure, ­Implenia tient compte des principaux flux d’énergie et de matériaux, et ce depuis la production des matières premières jusqu’à l’ouvrage achevé. Seules sont cependant collectées les valeurs sur lesquelles l’entreprise peut exercer une influence parce qu’elle assume la gestion opérationnelle du processus concerné. La collecte des données relative aux émissions de gaz à effet de serre concerne uniquement les activités en Suisse et ne tient pas compte des données des sites internationaux.­

Implenia a débuté la collecte systématique des données environnementales en 2011. Depuis lors, elle collecte les données relatives aux installations de production, ateliers et immeubles de bureau, chantiers et projets qu’elle développe elle-même, ainsi qu’à la mobilité et à la consommation de papier (cf. Matrice de collecte de données). Depuis 2013, ­Implenia saisit les données au moyen d’un outil basé sur Internet. Ce logiciel permet de collecter en continu des données de différentes sources, de les représenter en temps réel et de générer des évaluations spécifiques en vue du contrôle des résultats.

S’agissant de la résolution régionale des données, ­Implenia a encore des progrès à faire. Par conséquent, ­Implenia a commencé à effectuer, par sondage, la collecte exhaustive des données de certains chantiers dans divers domaines. C’est ainsi que l’ensemble des flux d’énergie et de ressources, y compris les déchets, est saisi sur plusieurs chantiers pilotes de pose de revêtements et de construction de bâtiments et de tunnels. L’objectif consiste à déterminer, à l’aide de ces chantiers pilotes, les influences environnementales essentielles.G4-22

Matrice de collecte de données

4.2Réduction de la consommation d’énergie et des émissions à effet climatique

Implenia consomme environ 171 GWh d’énergie par an. Le diesel pour les machines, véhicules utilitaires et voitures de tourisme représente de loin la principale source d’énergie (énergie finale). Ensuite viennent des combustibles tels que le gaz naturel et le fioul de chauffage, essentiellement utilisés pour générer de la chaleur industrielle dans les centrales d’enrobage. Rapportée au chiffre d’affaires, la consommation totale d’énergie a baissé de manière marginale au cours des dernières années.
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Implenia s’efforce de réduire sa consommation d’énergie et d’utiliser les sources d’énergie les plus propres possibles. Au cours de la période précédente, ­Implenia a donc fait réaliser une étude sur l’achat de courant écologique. Dans le cadre de cette étude, des spécialistes externes ont analysé les achats d’électricité et la provenance de celle-ci pour les installations de production et les immeubles consommant plus de 100 MWh par an.

Sur la base de cette analyse, ­Implenia a décidé d’acheter sur le marché libre, à partir de 2014, uniquement de l’énergie électrique d’origine hydraulique pour les sites consommant le plus d’électricité, à savoir deux immeubles de bureaux, trois ateliers et une installation de production. De plus, sur les sites liés à des fournisseurs d’électricité locaux, ­Implenia a décidé de compenser par des certificats d’origine hydraulique l’ensemble de l’électricité non renouvelable du mix énergétique acheté.

En 2015, ­Implenia a lancé un autre projet pilote consacré à la consommation d’électricité sur ses chantiers. L’idée était de remplacer le mix énergétique des chantiers consommant plus de 100 000 KWh par de l’électricité certifiée d’origine hydraulique. L’entreprise a ainsi passé en revue 26 grands projets au sein de la Division Infrastructure – Tunnelling. Cette analyse a montré que seuls cinq projets répondaient aux critères retenus. La plupart des chantiers consomment moins ou reçoivent de l’électricité mise à disposition par le maître d’ouvrage. Parmi les cinq chantiers en cause, deux étaient déjà alimentés intégralement par de l’électricité renouvelable et deux autres par un mix d’électricité présentant une proportion élevée d’énergies renouvelables.

Restait donc un seul chantier à adapter dans le cadre du projet pilote: celui du tunnel de Galgenbuck à Schaffhouse. Ce chantier était alimenté par de l’électricité provenant de sources non vérifiables, produite notamment à partir de lignite et d’autres combustibles fossiles. En passant à l’électricité hydraulique produite en Suisse (certificats d’origine), ­Implenia évitera pendant la durée de construction restante l’émission de quelque 300 tonnes de CO2.

Ponctuellement, ­Implenia produit aussi elle-même de l’électricité. Depuis 2012, les toits des ateliers de Satigny (GE) et de Vétroz (VS) sont ainsi munis de panneaux solaires. Au cours de la période sous revue, une nouvelle installation photovoltaïque a été mise en place sur le toit de la Gravière de la Claie-aux-Moines près de Savigny (VD). Par ailleurs, deux nouvelles installations – l’une à l’atelier d’Échandens (VD), l’autre au poste d’enrobage rénové d’Écublens (VD) – ont été raccordées au réseau électrique début 2016. Les installations exploitées au cours de la période sous revue produisent au total un peu plus de 430 000 KWh d’électricité écologique par an.

Dans la mesure où les carburants ainsi que la chaleur proviennent principalement de sources d’énergie fossiles, la situation en matière d’émissions de gaz à effet de serre est similaire à celle concernant la consommation d’énergie: plus de 80% des émissions sont générées sur les chantiers, ateliers, postes d’enrobage, cimenteries et gravières. Elles sont donc liées à la construction. L’essentiel des émissions à effet climatique proviennent de carburants tels que le diesel et l’essence. Près de la moitié des émissions est attribuable aux combustibles destinés à la production de chaleur (pétrole et gaz). Enfin, la consommation d’électricité ne contribue qu’à hauteur de 5% aux émissions de gaz à effet de serre d’Implenia, notamment en raison de la préférence donnée à l’hydroélectricité.

Les émissions de gaz à effet de serre mentionnées dans ce rapport englobent non seulement les émissions directes liées au fonctionnement des machines de chantier et des poids lourds ainsi qu’à la génération de chaleur dans les installations de production et ateliers de l’entreprise (scope 1), mais aussi une partie des émissions de gaz à effet de serre indirectes liées à l’énergie de réseau comme l’électricité (scope 2). D’autres émissions indirectes générées au sein des chaînes de processus aval ou amont (scope 3) ont été analysées selon certains paramètres, afin d’en déterminer la pertinence. L’analyse a montré que l’achat de matériaux de construction et l’exploitation des ouvrages constituent, dans cet ordre, les principales sources d’émissions indirectes. Ces deux sources représentent un multiple des émissions des scopes 1 et 2 et sont donc d’une grande importance. Toutefois, l’influence d’Implenia sur ces processus est souvent très faible.

En 2013, ­Implenia s’était fixé comme objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 10% par franc de chiffre d’affaires jusqu’en 2017. Par rapport au chiffre d’affaires, l’entreprise est jusqu’à présent parvenue à les baisser de 1,2%, ce qui correspond, en termes absolus, à une réduction des gaz à effet de serre de 8,2% et n’a pas permis d’atteindre la réduction annuelle moyenne de 2,5% par rapport au chiffre d’affaires. ­Implenia est néanmoins confiante de réaliser cet objectif au cours des prochaines années. Des mesures comme la rénovation énergétique du poste d’enrobage Trois-Ponts d’Écublens (cf. encadré), le passage à l’hydroélectricité et la construction d’installations solaires contribueront, à l’avenir aussi, à la réduction annuelle des émissions de gaz à effet de serre et à la réalisation de l’objectif visé.

Parmi les autres mesures prises durant la période sous revue figure la décision de compenser les émissions de gaz à effet de serre liées aux voyages d’affaires en avion par des projets de protection du climat de la fondation myclimate (cf. chapitre Mobilité). De même, la part d’électricité issue de sources d’énergie fossiles a été compensée par l’achat de certificats d’origine hydraulique.

Evolution de la consommation de papier, Implenia Suisse

­4.3Gestion économe des ressources

Outre la consommation d’énergie, la mise en œuvre de matériaux de construction constitue un paramètre clé des effets écologiques des activités de construction. ­Implenia s’est donc fixé comme objectif de fermer les cycles des matières et de recycler autant de matériaux que possible. Dans le cadre de divers projets, l’entreprise a élaboré des solutions spécifiques visant à réduire, recycler et réutiliser les matériaux de construction.

Consommation de papier en recul

­Les effets de la consommation de papier sur l’environnement sont relativement faibles dans une entreprise de construction. ­Implenia enregistre néanmoins l’utilisation de papier au sein de ses bureaux, car celle-ci revêt une signification symbolique. Il est satisfaisant de constater que la consommation totale de papier a eu tendance à reculer au cours des dernières années. De plus, la part de papier certifié est passée au cours des dernières années à près de 100% (cf. graphique).

 

Le poste mobile de recyclage de gravier d’Oberwinterthur permet de réduire les transports, d’économiser du temps et de l’espace de stockage et d’éviter des émissions.

4.3.1Installation mobile de recyclage en béton et gravier à Oberwinterthur

À Oberwinterthur, ­Implenia a mis en place, il y a deux ans, une installation pilote de recyclage en béton et gravier. Daniel Hardegger, responsable de la région Est, dresse un premier bilan positif: «Le matériau d’excavation est lavé sur place, transformé en béton et directement réutilisé dans le chantier adjacent, ce qui permet de réduire les transports, d’économiser du temps et de l’espace de stockage et d’éviter des émissions. Cette installation pilote, qui a dés­ormais fait ses preuves en termes économiques et écologiques, devrait devenir la norme sur d’autres chantiers comparables d’Implenia. Globalement, les coûts se sont révélés légèrement inférieurs au niveau prévu. Pour les trois projets de construction voisins, nous avons économisé au total 8500 tonnes de gravier. Initialement, sur l’ensemble de la durée de construction, nous avions anticipé une économie de 775 000 litres de diesel et une réduction de 2300 tonnes de CO2. En raison de retards dans la mise en service de l’installation, ces valeurs ne seront probablement pas tout à fait atteintes. Les avantages écologiques du recyclage sur place sont néanmoins extrêmement positifs.»

4.3.2Rénovation de la centrale d’enrobage d’Écublens

La production de revêtements routiers bitumineux exige beaucoup d’énergie. Pour cette raison, les émissions de gaz à effet de serre d’Implenia en Suisse sont attribuables pour plus de 20% aux centrales fabriquant des produits bitumineux. Afin de garantir la sécurité des collaborateurs et d’améliorer la qualité des processus, ­Implenia a totalement rénové en 2015 le poste d’enrobage «Trois-Ponts» à Écublens. Cette rénovation a non seulement permis d’augmenter la capacité de production, mais aussi d’améliorer les processus et d’optimiser la performance environnementale. Les citernes de bitume ont été remplacées et offrent maintenant une isolation thermique nettement meilleure. L’optimisation a en outre porté sur la motorisation et la coordination des bandes convoyeuses.

Grâce à la mise à niveau en termes de durabilité, le nouveau poste a désormais la capacité de recycler du matériau bitumineux ancien. Une deuxième ligne de production a été construite afin de rendre possible l’utilisation de matériaux recyclés. Ainsi, dès l’année de production 2015, ­Implenia a pu couvrir plus de 20% de la demande par des matériaux de recyclage, la tendance étant à la hausse. En revanche, dans la mesure où ce processus exige une température plus élevée, il libère davantage de substances nocives. Afin de réduire néanmoins le volume des émissions, l’installation a été dotée d’un puissant filtre à carbone. Le poste atteint ainsi le plus faible niveau de polluants atmosphériques pour la fabrication de produits bitumineux de toute la Suisse, inférieur à la valeur de référence stricte fixée par le canton de Vaud en matière d’émissions.

Globalement, la rénovation du poste a entraîné une réduction d’environ 15% des émissions de gaz à effet de serre. D’autres mesures devraient permettre de les réduire davantage encore au cours des prochaines années. C’est ainsi qu’en 2016 entrera en service une installation photovoltaïque d’une surface de 2500 m2, qui produira chaque année plus de 300 000 kWh, dont ­Implenia pourra consommer sur place 150 000 kWh.

­Nant de Drance – l’une des plus puissantes stations de pompage-turbinage d’Europe – sera mise en service en 2018. Lors de la construction, ­Implenia a pu démontrer l’intérêt de son béton durable.

 

 

4.3.3Nant de Drance – au service de l’énergie renouvelable

L’une des plus puissantes stations de pompage-turbinage d’Europe, située à grande altitude dans les montagnes du Bas-Valais, sera mise en service progressivement à partir de 2018. La centrale exploitera la différence de niveau entre deux lacs de retenue existants – Emosson et Vieux-Emosson – et produira annuellement environ 2,5 milliards de kWh d’électricité, avec une puissance maximale de 900 MW. Pour réaliser ce projet de construction complexe et exigeant, ­Implenia a constitué le consortium GMI avec la société Marti SA.

Depuis 2008, les deux entreprises travaillent à ce projet d’infrastructure complexe dans un espace très restreint. Pour construire les 17 km de galeries, il a fallu évacuer 1,7 million de m3 de roche, dont 20% ont été utilisés directement sur place comme granulat pour la production de béton, ce qui a évité des transports coûteux depuis la vallée du Rhône. De même, les responsables ont misé sur les dernières connaissances techniques en matière de choix et de préparation du béton, conférant ainsi au projet un caractère pionnier.

Le barrage, le revêtement des cavernes et galeries ainsi que le revêtement de chaussée ont exigé au total un demi-million de m3 de béton. Jürg Steiner, technicien du béton, et son équipe ont eu recours à une solution sophistiquée: environ un quart de l’ensemble (142 000 mètres cubes) était constitué de béton SCC («Self Compacting Concrete»). Ce béton autoplaçant se compacte par gravité, évitant aux ouvriers de nombreux travaux supplémentaires nécessaires pour le béton vibré traditionnel. Les concepteurs de Nant de Drance ont voulu suivre des voies nouvelles non seulement en matière de logistique, mais aussi créer, avec la nouvelle centrale, un projet phare en termes de développement durable. Et ils y sont parvenus.

Écologie:

Les avantages écologiques sont essentiellement liés à l’optimisation de la composition du béton. C’est ainsi que quelque 300 000 m3 de béton ont été préparés à partir de ciment CEM II particulièrement écologique, auquel sont mélangés du schiste et du laitier de haut fourneau à la place du clinker de ciment Portland, très gourmand en énergie. Cette substitution a réduit de 21% les émissions de CO2 lors de la production, évitant donc près de 25 000 tonnes de ce gaz à effet de serre. Quelque 4700 tonnes supplémentaires de CO2 ont pu être économisées en transportant par le rail la plus grande partie du ciment et des agrégats. En revanche, la préparation de béton SCC exige davantage de cendres volantes, dont le transport entraîne des émissions supplémentaires d’environ 3000 tonnes de CO2. Il en résulte toutefois, au total, une économie nette de plus de 26 000 tonnes de CO2.

Société:

L’utilisation du béton SCC autoplaçant améliore considérablement les conditions de travail et la sécurité des ouvriers sur le chantier. Il rend inutile l’emploi d’un vibreur interne destiné à compacter les parois élevées, ce qui diminue, d’une part, la fatigue physique et le risque de chute sur des lieux de travail exposés et évite, de l’autre, les douleurs dorsales, les arrêts de travail et le syndrome de vibration – un trouble de la circulation sanguine. La nette diminution de l’exposition aux poussières par rapport au compactage du béton vibré traditionnel est également favorable à la santé des ouvriers. Autre aspect positif s’agissant du stress physique: l’exposition au bruit, qui peut atteindre normalement jusqu’à 115 décibels, est nettement réduite. En définitive, le procédé innovant de bétonnage diminue le risque de maladie, ce qui se traduit par une amélioration correspondante de la productivité.

Économie:

Les remarquables qualités de fluidité du béton SCC par rapport au béton vibré traditionnel le rendent par ailleurs intéressant au plan économique. Il diminue nettement l’usure des pompes et des conduits, ce qui a un effet positif sur la durée de vie de l’ensemble de la logistique de pompage et en réduit le coût de maintenance et de réparation. La pression de pompage plus faible et l’absence d’alimentation en air comprimé nécessaire aux vibreurs se traduisent par des économies d’énergie. De même, les travaux de finition ultérieurs du béton – coûteux et surtout discutables en termes de qualité – deviennent largement inutiles, car le béton sèche en laissant une surface lisse et pratiquement sans porosités. Enfin, la plus grande hauteur de chute du béton SCC réduit le nombre de stations de remplissage et, par voie de conséquence, le personnel et les échafaudages nécessaires. Certes, le béton SCC peut être légèrement plus cher à produire que le béton traditionnel, nécessite un contrôle plus étroit de sa mise en œuvre et impose parfois des contraintes plus fortes en matière de coffrage. Mais les avantages économiques prévalent. Dans le cas de la station de pompage-turbinage de Nant de Drance, le coût total du projet a été réduit de 14% à l’intérieur des délimitations du système choisi – et ce, sans tenir compte par ailleurs de la diminution des coûts du cycle de vie et des mesures d’entretien.

Grâce à l’utilisation d’une machine recyclant le gravier, l’ancien fondement peut être retraité, ce qui permet d’économiser du gravier neuf./p>

4.3.4Birmenstorfer Chrüz: fermer les cycles des matières

La commune de Birmenstorf, dans le canton d’Argovie, est soumise à un trafic routier intense. Aux heures de pointe, l’axe de sortie en direction de Fislisbach et de Baden est particulièrement engorgé. Un nouveau giratoire doit remédier à ce problème et fluidifier le trafic. Ce projet de construction et de rénovation d’une durée d’environ deux ans, doté d’une enveloppe budgétaire de 7 millions de francs, ne se distingue certainement pas par sa taille. Toutefois, il définit de nouveaux critères de référence en termes de durabilité et de fermeture de cycles des matières.

Selon la procédure standard appliquée en Suisse, les fosses des conduites techniques et des canalisations sont comblées en utilisant du gravier neuf de haute qualité, alors que le matériau excavé est déposé à la décharge la plus proche. La commune de Birmenstorf, qui dispose d’une décharge voisine et d’une gravière locale, aurait offert des conditions idéales pour cette méthode. Néanmoins, pour diverses raisons, le chef du projet, Alexander Stritt, a décidé de ne pas suivre la procédure standard. Le réemploi du matériau excavé et du gravier existants a permis d’éviter des retards dus au trafic, d’améliorer la sécurité en matière de planification et de réduire les coûts liés à la décharge, au transport et au gravier neuf. À cet effet, il suffisait de disposer des compétences techniques nécessaires, d’un espace de stockage approprié et de l’accord du maître de l’ouvrage. Le canton d’Argovie a accueilli de manière très positive l’idée de fermer les cycles des matières, car cette approche était compatible avec sa stratégie environnementale et l’espace disponible sur les décharges de la région représentait une ressource déjà rare. Au final, grâce aux cycles des matières fermés, ­Implenia a même pu offrir, a posteriori, une remise de prix au maître d’ouvrage.

Seul le matériau d’excavation argileux a constitué un défi technique pour l’équipe autour d’Alexander Stritt. Afin de garantir l’aptitude au compactage et la portance d’environ 30 méga-newtons du matériau excavé, il a fallu mélanger 100 tonnes de chaux aux quelque 4000 m3 de terre. Provenant de Fribourg, distant de 260 km, la chaux a été livrée par camion et mélangée sur place à bonne proportion au matériau excavé.

Le réemploi du matériau excavé mélangé à de la chaux a permis d’économiser environ 44 000 francs par rapport à la méthode standard, soit 26% du coût. Le coût de l’achat et du transport de la chaux est par conséquent nettement inférieur à celui économisé sur la décharge du matériau excavé. En réutilisant le gravier, l’économie représente même 166 000 franc, soit 64%. Le recyclage du gravier sur le chantier s’est donc avéré nettement plus avantageux que l’achat de gravier neuf.

Cette méthode innovante a par ailleurs entraîné une nette diminution des émissions de CO2. Grâce au recyclage du matériau excavé et du gravier, il a été possible d’économiser non seulement 28,6 tonnes de CO2, mais aussi de l’espace en décharge. Le projet Birmenstorfer Chrüz constitue donc un bon exemple montrant qu’un procédé innovant peut être intéressant en termes financiers et écologiques et profitable à toutes les parties concernées. À cet effet, il convient toutefois de réexaminer et de réinterpréter résolument les méthodes standard.

Sur l’E16 entre Rud et Voyenenga, en Norvège, les anciennes piles de pont ne sont pas éliminées, mais proposées gratuitement sur Internet afin d’être réutilisées pour un nouvel usage. Les nouvelles piles de pont seront achevéee en mars 2016.

4.3.5Recyclage de ponts obsolètes (Norvège)

Quatre ponts en béton doivent être remplacés dans le cadre du chantier de l’autoroute E16 Rud–Vøyenenga. Or ­Implenia n’a pas simplement démonté et éliminé ces quatre anciens ponts, apparemment obsolètes, mais les a affectés à un nouvel usage. À cet effet, les piles des ponts ont été proposées gratuitement sur finn.no, l’une des places de marché en ligne les plus populaires de Norvège.

Même le principal magazine spécialisé du secteur norvégien de la construction – bygg.no – s’est intéressé à cette offre insolite. Ayant publié sur son site web un article sur les piles de ponts à donner, bygg.no a interviewé à ce sujet Henning Holand, conducteur de travaux: «L’offre a suscité un énorme intérêt. Nous avons reçu environ 30 demandes de ­renseignement émanant non seulement de particuliers, mais aussi de l’armée et de divers clubs et associations.» Les ponts ont finalement été attribués à la région de ski norvégienne Uvdal, où ils enjamberont les pistes de descente à partir de 2017 et 2018.

Longs de 40 à 80 mètres, les ponts ne seront démolis que durant l’hiver 2016 / 17 ainsi que fin 2018 / début 2019. ­Implenia prend à sa charge le démontage des piles de ponts. Quant au nouveau propriétaire, il lui reviendra d’organiser leur enlèvement. ­Implenia économisera ainsi le coût du transport et de l’élimination. Dan Granerud, responsable du projet, explique qu’à l’origine l’offre gratuite était en fait motivée par des considérations purement économiques. «Cette réaffectation à un usage ultérieur constitue naturellement un effet secondaire hautement appréciable. Il est intéressant de voir que l’avantage économique va souvent de pair avec l’avantage écologique», remarque Granerud. «Le fait de nous focaliser sur l’aspect écologique se traduit souvent par un bénéfice accru.» Il est donc toujours utile de vérifier s’il est possible de recycler des matériaux ou certains éléments de construction, en envisageant aussi des méthodes non conventionnelles.

Des échafaudages sont d’ores et déjà en cours de montage à côté des ponts donnés gratuitement. Les deux nouveaux ponts, à trois voies, seront longs chacun de 94 mètres.

4.4Protéger l’environnement sur les chantiers

Sur divers chantiers pilotes à Zurich, Genève et Aarau, ­Implenia teste actuellement son «Standard environnemental sur les chantiers», développé en interne, et dont l’introduction au niveau Groupe est prévue pour la période à venir. L’objectif de ce concept environnemental est d’uniformiser les mesures de protection de l’environnement sur les chantiers d’Implenia. Conçu de manière modulaire, ce concept permet de relever sur place les défis spécifiques à chaque situation. Il s’articule autour de la gestion des déchets, de l’eau, du bruit, du sol et de l’air, et ce, quel que soit le type de chantier: bâtiment, génie civil ou infrastructures. Le concept livre aux responsables des informations de fond sur les normes et standards, explique les mesures à prendre et met à disposition des moyens auxiliaires tels que tableaux de calcul, listes de contrôle et documents de formation.

Modèle d’une rénovation à l’échelle 1:10 destiné à la planification et à l’illustration de processus de travail et de situations./p>

Gestion appropriée des polluants lors de projets d’assainissement

­Les professionnels effectuant des travaux de transformation, d’entretien ou de rénovation sur des bâtiments construits avant 1990 doivent être préparés à gérer des matériaux polluants. Typiquement, il s’agit d’amiante ou de PCB (polychlorobiphényles). Lors de leur mise à nu, ces matériaux doivent être manipulés dans les règles de l’art, du fait de leur effet nocif sur la santé humaine et sur l’environnement. En cas de suspicion de matériaux polluants, le maître de l’ouvrage est tenu de procéder à une analyse détaillée du danger et d’évaluer les risques. Depuis 2014, ­Implenia dispose de son propre département de dépollution reconnu par la SUVA. L’équipe de dépollution des matériaux de construction est implantée sur les trois sites d’Aarau, de Birsfelden et de Zurich. Elle offre une gamme complète de prestations dans les domaines de la première évaluation, de l’élaboration de concepts d’assainissement, de la coordination avec les autorités, de la déconstruction et de l’élimination appropriée. Toutes les Divisions d’Implenia.

4.5Sensibiliser les collaborateurs

Les collaborateurs exercent une influence considérable sur la consommation d’énergie et de ressources d’une entreprise. Par conséquent, ­Implenia organise régulièrement des actions de sensibilisation. Trois actions de ce type ont eu lieu au cours de la période sous revue. Elles devraient aiguiser l’attention des collaborateurs et les inciter à diminuer la consommation d’énergie et d’eau et à éliminer correctement les eaux usées.

Une action de sensibilisation se compose de plusieurs éléments, par exemple d’une formation d’un quart d’heure et d’une affiche d’information en plusieurs langues, apposée pendant quelques semaines de manière bien visible dans des lieux fréquentés et véhiculant avec force les principaux messages en texte et en images. Dans des notices internes, le Rapport semestriel et le magazine pour collaborateurs «Impact», les responsables des différents projets présentent en outre régulièrement les mesures prises et les progrès accomplis dans le cadre d’une action donnée, ou fournissent des informations de fond. De plus, les responsables de projet sont formés à certains thèmes spécifiques, à propos desquels une documentation plus approfondie est mise à disposition sur l’Intranet.

Dans le cadre du concept environnemental d’Implenia, le personnel de chantier est informé par des campagnes d’affichage sur des mesures concrètes en matière d’environnement

Journée des contremaîtres sur l’environnement

­Chaque année, l’unité Buildings d’Implenia organise une Journée des contremaîtres au niveau national. L’édition 2014, qui s’est déroulée à Spreitenbach, a été consacrée à l’environnement et à différentes thématiques comme la consommation d’énergie ou l’élimination des déchets. Dans le cadre d’une exposition sur les produits écologiques, les participants – parmi lesquels figuraient des responsables de projet ou de succursale – ont été sensibilisés à la ­gestion des ressources. Lors de cette journée à l’Umwelt Arena de Spreitenbach, les participants avaient également la possibilité de tester des moyens de transport écologiques.

4.6Mobilité préservant le climat

Tous les jours, des centaines de véhicules entrent en action chez ­Implenia: voitures de tourisme, poids lourds, excavatrices, rouleaux compresseurs et bien d’autres. Globalement, ils consomment une quantité impressionnante de carburant, soit environ 11 millions de litres par an.

Souhaitant réduire cette consommation, ­Implenia cherche à promouvoir une conduite plus efficace auprès de ses collaborateurs. Les chauffeurs professionnels et les machinistes ont participé à une vaste campagne de formation dès 2010 et 2011. Depuis lors, tous les nouveaux collaborateurs suivent un cours EcoDrive. En 2012, la participation à un tel cours a également été proposée au personnel de bureau: au total, un tiers du personnel technico-administratif a répondu présent.

Du fait de l’utilisation de véhicules et d’engins de chantier, ­Implenia consomme chaque année 11 millions de litres de carburant.

 

 

L’achat de la flotte de véhicules recèle un potentiel d’économies encore plus important. Misant sur des machines et véhicules faiblement émetteurs, ­Implenia a d’ores et déjà acquis divers véhicules hybrides.

Dans son règlement sur les véhicules de service, ­Implenia a par ailleurs fixé des limites maximales pour l’émission de CO2. Une voiture de tourisme ne doit pas émettre plus de 120 grammes de CO2 au kilomètre. La limite initiale de 150 grammes de CO2 a donc été abaissée de 20% au cours de la période sous revue.

Ces mesures relatives au trafic de véhicules ont porté leurs fruits: en effet, les émissions de CO2spécifiques ont continué de diminuer au cours de la période sous revue. Parallèlement, les kilomètres parcourus en avion sont restés stables.

Émissions de gaz à effet de serre liées aux voyages en avion, Implenia Suisse

Les émissions liées aux voyages d’affaires en avion sont compensées

Depuis début 2014, ­Implenia compense tous ses vols d’affaires auprès de la fondation climatique myclimate. Le projet soutenu dans le cadre de la compensation permet non seulement de réduire les émissions de CO2, mais aussi d’améliorer la santé humaine et d’atténuer la pression sur les ressources forestières locales. Pour ce faire, dans six régions de Bolivie et du Paraguay, des fours à bois inefficaces sont remplacés par des cuiseurs solaires ou des fours à rendement élevé. La mise en service de 50 000 fours écologiques dans les ménages de la population urbaine et rurale doit permettre d’économiser un demi-million de tonnes ­équivalent CO2 sur sept ans.